TL;DR
- En 2026, le bon texte RE2020 dépend d'abord de la date de dépôt du permis de construire : les évolutions ne sont pas rétroactives.
- Depuis le 1er mai, la réglementation s'étend notamment à de nouveaux bâtiments tertiaires spécifiques ainsi qu'aux bâtiments industriels et artisanaux.
- Depuis le 1er juillet, le cadre a aussi été ajusté pour certains projets, dont des extensions et surélévations.
- L'étude et l'attestation RE2020 se préparent avant le permis, puis une attestation de fin de travaux accompagne la DAACT.
- 2026 ne repart pas de zéro : la date du permis devient le vrai repère
- Les évolutions de 2026 élargissent le périmètre et ajustent les règles
- Un permis se prépare désormais autour de cinq indicateurs
- L'attestation RE2020 fait entrer l'étude dans le dossier de permis
- Comment éviter que la RE2020 ne dérègle le calendrier du chantier
- FAQ — RE2020 et permis de construire en 2026
- Conclusion
Un permis de construire n'est plus seulement un plan, une façade et quelques formulaires. En 2026, il raconte aussi comment un bâtiment sera chauffé, supportera les étés chauds et pèsera sur le climat, des matériaux jusqu'à sa fin de vie. Autant dire que l'énergie est entrée dans la salle des plans, sans enlever ses chaussures.
Quelles règles RE2020 s'appliquent à un permis de construire en 2026 ? Elles dépendent avant tout de sa date de dépôt. La réglementation a connu deux échéances cette année : l'extension de son périmètre au 1er mai, puis des ajustements applicables aux permis déposés à partir du 1er juillet. Un projet antérieur reste, lui, soumis aux textes qui lui étaient applicables lors de son dépôt.
Le changement est concret : l'étude énergétique et environnementale ne doit plus arriver au dernier moment. Elle influence la conception, le choix des matériaux, des équipements et le calendrier administratif. Voici ce qu'il faut regarder avant de lancer le chantier.
2026 ne repart pas de zéro : la date du permis devient le vrai repère
La RE2020 est la réglementation des bâtiments neufs en France métropolitaine. Elle a remplacé la RT2012 avec une ambition plus large : ne pas mesurer seulement l'énergie consommée une fois les occupants installés, mais aussi l'empreinte carbone de la construction elle-même.
En 2026, l'erreur serait de chercher une unique « règle RE2020 2026 » valable pour tous les dossiers. Le portail officiel des textes consolidés de la RE2020 distingue explicitement plusieurs périodes, selon la date de dépôt du permis.
Ce repère protège les projets déjà engagés. Le ministère précise que les modifications issues du retour d'expérience de la RE2020, entrées en vigueur pour les permis déposés depuis le 1er janvier 2025, ne sont pas rétroactives. Un dossier déposé avant cette date reste donc dans son cadre initial, comme l'explique la FAQ officielle sur l'application du décret de 2024.
Cette logique paraît administrative, mais elle change une décision très concrète : avant de modifier l'isolation, le mode de chauffage ou la surface d'une opération, on vérifie la version réglementaire liée au permis. Ce n'est pas du perfectionnisme ; c'est éviter de recalculer un projet sur la mauvaise base. C'est aussi un bon exemple du partage des rôles entre l'État qui fixe la norme et les collectivités qui instruisent localement, que notre guide sur le fonctionnement de la Ve République permet de remettre en perspective.
Les évolutions de 2026 élargissent le périmètre et ajustent les règles
La première échéance est le 1er mai 2026. La RE2020 s'applique alors à de nouveaux bâtiments d'activités tertiaires spécifiques, ainsi qu'aux bâtiments industriels et artisanaux. Le décret n° 2026-16 du 15 janvier 2026 fixe cette extension de périmètre et son entrée en vigueur.
Pour un atelier, un entrepôt artisanal ou certains locaux tertiaires jusque-là hors du dispositif, la question énergétique arrive donc plus tôt dans le projet. Ventilation, éclairage, enveloppe, besoins de chauffage ou de refroidissement : ces choix doivent désormais être documentés dans le cadre RE2020 lorsque le projet entre dans le champ.
La seconde échéance est le 1er juillet 2026. Les textes consolidés signalent des ajustements de la réglementation après le rapport Rivaton, ainsi que des exigences spécifiques pour certaines surélévations de moins de 30 % de la surface initiale, hors maison individuelle. La même mise à jour rappelle que les textes applicables sont ceux attachés à la date du permis, pas ceux d'un chantier qui se prolonge.
Il faut aussi distinguer ajustement et recul. Le décret de simplification publié fin 2024 a permis, par exemple, de mieux prendre en compte certaines situations contraintes et de faciliter l'atteinte des exigences avec des énergies renouvelables ou un raccordement à un réseau de chaleur. Le prochain jalon général de la trajectoire reste fixé au 1er janvier 2028 : il ne faut donc pas confondre les adaptations de 2026 avec un nouveau durcissement général.

Autrement dit, 2026 est une année d'ajustements et d'élargissement, pas une remise à zéro de la RE2020. Pour un maître d'ouvrage, la bonne attitude consiste à identifier la typologie du bâtiment, la date de dépôt envisagée et les règles correspondantes avant de figer les devis.
Un permis se prépare désormais autour de cinq indicateurs
La RE2020 ne dicte pas une maison ou un bâtiment standard. Elle impose des résultats. Le décret n° 2024-1258 présente cinq exigences : optimisation de la conception énergétique du bâti, consommation d'énergie primaire, impact climatique des consommations, impact climatique des composants et confort d'été.
En pratique, cela ramène le projet à cinq questions simples :
| Ce qui est évalué | Ce que cela oblige à regarder dès la conception |
|---|---|
| La qualité de l'enveloppe du bâtiment | Orientation, isolation, vitrages, ponts thermiques et compacité |
| Les besoins et consommations d'énergie | Chauffage, eau chaude, ventilation, éclairage et auxiliaires |
| Le carbone des usages énergétiques | Énergie choisie, équipements et sobriété du système |
| Le carbone de la construction | Structure, isolants, menuiseries, revêtements, chantier et données produits |
| Le confort en été | Protections solaires, inertie, ventilation nocturne et exposition |
Le confort d'été mérite une attention particulière. Installer une climatisation trop tard dans le raisonnement peut améliorer un problème local tout en dégrader d'autres indicateurs. Mieux vaut d'abord travailler l'orientation, les ombrages, les ouvertures et la ventilation. C'est rarement l'option la plus spectaculaire sur une brochure, mais souvent la plus robuste quand le thermomètre s'emballe.
Le conseil de Camille
Dans mes sujets sur le logement, je garde un réflexe de journaliste : remonter à la décision qui a été prise au départ. En RE2020, une baie vitrée, une toiture ou un système de chauffage ne se choisissent pas isolément ; ils forment un ensemble que l'étude vient vérifier. Préparer ce dialogue tôt évite les surprises au moment du permis.
Le chiffrage ne se résume donc pas à « quel chauffage coûte le moins cher ? ». Il faut raisonner bâtiment, usages et matériaux ensemble. Cette lecture globale est précisément ce qui sépare la RE2020 des anciennes règles thermiques, plus centrées sur la seule consommation en exploitation. Elle donne aussi une place croissante aux données fiables sur les produits et les usages, un défi que l'on retrouve dans l'adoption de l'IA par les entreprises françaises.
L'attestation RE2020 fait entrer l'étude dans le dossier de permis
Pour les opérations concernées, l'attestation RE2020 accompagne la demande de permis de construire. Elle est produite à partir de l'étude énergétique et environnementale : on ne l'ajoute pas comme une pièce décorative au fond du dossier, elle en est la traduction réglementaire.
Au dépôt, le maître d'ouvrage doit donc pouvoir s'appuyer sur une étude suffisamment avancée pour décrire le projet réel. Lorsque les choix techniques ne sont pas stabilisés, l'attestation devient fragile : un changement de menuiseries, de système ou de matériaux peut imposer de vérifier à nouveau les résultats.
À l'achèvement, le sujet revient une seconde fois. La fiche Service-Public sur la DAACT indique qu'une attestation de respect de la RE2020 doit être fournie pour les projets de construction concernés, y compris certaines extensions. La conformité ne se joue donc pas uniquement le jour du dépôt.
Pour une maison neuve ou une extension soumise au dispositif, l'accompagnement par un spécialiste RE2020 permet de préparer l'attestation à partir du projet et d'anticiper les points sensibles. LA-RE2020 est un bureau d'étude thermique basé en Normandie, qui réalise notamment ces attestations pour les projets concernés.
Cette étape administrative est aussi un bon moyen de mettre tout le monde autour de la même table : maître d'ouvrage, architecte ou maître d'œuvre, constructeur, entreprises et bureau d'études. Un permis serein ne dépend pas d'un document miracle ; il dépend d'informations cohérentes entre ces acteurs.
Comment éviter que la RE2020 ne dérègle le calendrier du chantier
Le moment le plus coûteux pour découvrir une difficulté RE2020 est souvent celui où les plans sont figés, les devis signés et le dépôt imminent. Pour l'éviter, adoptez un ordre simple.
- Vérifiez le champ d'application. Construction neuve, extension, surélévation, local artisanal ou tertiaire : les règles et les adaptations possibles ne sont pas les mêmes.
- Fixez une date réaliste de dépôt. C'est elle qui détermine la version réglementaire à prendre en compte. Un projet à cheval sur une échéance mérite d'être vérifié, pas deviné.
- Lancez l'étude avant les choix irréversibles. La structure, les vitrages, le chauffage et la ventilation se corrigent plus facilement sur plan que sur chantier.
- Demandez les fiches environnementales des produits importants. Leur disponibilité peut influencer le calcul carbone de la construction.
- Gardez une trace des produits finalement posés. Elle facilite l'attestation de fin de travaux et limite les écarts entre l'étude et la réalité.
Ce travail gagne aussi à être replacé dans la chaîne locale du permis : la commune reste l'interlocuteur de proximité pour l'urbanisme, parfois avec une instruction mutualisée. Notre guide sur la différence entre commune, intercommunalité, département et région aide à comprendre qui intervient à quel niveau.
La RE2020 ne remplace pas les autres règles du projet : plan local d'urbanisme, architecture, risques, accessibilité ou assainissement restent à traiter. Mais elle a une particularité : elle oblige à relier des choix qui étaient autrefois discutés séparément. C'est plus exigeant, certes. C'est aussi une façon de réduire les corrections de dernière minute, celles qui transforment volontiers un planning en roman-feuilleton.
FAQ — RE2020 et permis de construire en 2026
Qu'est-ce qui change pour la RE2020 en 2026 ?
En 2026, la RE2020 s'étend à de nouveaux bâtiments tertiaires spécifiques ainsi qu'aux bâtiments industriels et artisanaux pour les permis déposés à partir du 1er mai. Des ajustements s'appliquent aussi aux permis déposés à partir du 1er juillet, notamment pour certaines extensions et surélévations.
L'attestation RE2020 est-elle obligatoire au dépôt du permis de construire ?
Pour les constructions neuves soumises à la RE2020, une attestation doit accompagner le dossier de demande de permis de construire. Elle est établie à partir de l'étude énergétique et environnementale du projet.
La RE2020 s'applique-t-elle aux rénovations ?
Non, la RE2020 concerne principalement les constructions neuves et certaines extensions ou parties nouvelles. Les travaux sur un bâtiment existant relèvent d'autres règles thermiques, selon leur nature et leur ampleur.
Faut-il refaire l'étude RE2020 si le permis est déposé avant un changement de règle ?
En principe, le projet reste soumis aux textes applicables à la date de dépôt de son permis. Les ajustements RE2020 ne sont pas rétroactifs, mais une modification importante du projet doit être examinée avec le professionnel qui réalise l'étude.
Conclusion
En 2026, la RE2020 transforme le permis de construire moins par un grand soir réglementaire que par une règle de méthode : le projet énergétique et environnemental doit être cohérent avant le dépôt, puis jusqu'à la déclaration de fin de travaux.
Trois réflexes font la différence : retenir la date de dépôt comme repère réglementaire, étudier le bâtiment avant de figer les choix techniques, et conserver une continuité entre les plans, l'étude et le chantier.
La prochaine échéance générale est déjà attendue pour 2028. Mais le meilleur moyen de ne pas la subir sera le même qu'en 2026 : concevoir tôt, vérifier les textes applicables et faire circuler la bonne information entre tous les intervenants.

